#2 – LES CÂBLES Á VIF

Article par Valérie Mauny

DÉCOUVREZ COMMENT NOTRE CERVEAU MODIFIE NOTRE CÂBLAGE INTERNE EN QUELQUES JOURS !

Dans mon précédent article, nous avons pu constater que nos pensées inconscientes guident nos émotions et nos comportements. Les émotions sont engendrées par nos pensées et non pas par les événements eux-mêmes.

En résumé, nos émotions sont le résultat de nos pensées.

Situation neutre –> milliers de bribes de pensées, petites phrases internes –> émotions

La super bonne nouvelle que l’on retient de ce déroulement interne, c’est que nous avons le pouvoir de créer nos propres pensées, et donc le pouvoir de les modifier. Et en modifiant nos pensées, nous modifions nos émotions !

  • OK, génial, sur le papier ça claque !
  • Mais concrètement comment je fais pour modifier mes pensées ?
  • J’y arrive !

Pour le comprendre, voyons tout d’abord comment nous sommes « câblés » !

On émet en moyenne 60 000 pensées par jour, dont 80% sont négatives et 95% sont les mêmes qui passent en boucle.
Impressionnant n’est-ce pas ? Figurez-vous que ce fait porte un nom, celui de « biais de négativité du cerveau ».

Et oui, l’humain a le chic pour accorder plus d’importance à une information négative plutôt qu’à une information positive.

Ce mécanisme trouve son explication dans l’évolution.
En effet, pendant les millions d’années où l’homme a évolué, son cerveau a été paramétré en mode survie. Notre cher bisaïeul Homo-sapiens était obligé de chasser pour survivre et sa vie était remplie de dangers mortels, comme celui d’être écrasé par un mammouth. Il était alors plus urgent de remarquer la présence d’un prédateur plutôt que celle de fruits juteux dans un arbre.

On peut donc tout à fait comprendre que finalement ce biais négatif lui ait sauvé la vie plus d’une fois !

SAUF QU’AUJOURD’HUI, IL NOUS LA POURRIT !

  • Alors, on est foutus ??!!!
  • Pas du tout et pour deux raisons. Commençons par la première : LA NEUROPLASTICITÉ .

On sait tous que chez des personnes aveugles de naissance, le défaut de vue se compense entre autres par le toucher. Les aveugles lisent le braille, utilisent le doigt pour identifier les lettres et le cerveau réserve alors beaucoup plus de place aux mouvements du doigts que pour des personnes voyantes. Les frontières des différents secteurs du cerveau se décalent et s’adaptent.

Autre fait étonnant, cette formidable adaptation du cerveau peut aussi se remarquer au bout de quelques jours.

L’expérience la plus probante est celle du neurologue hispano-américain Alvaro Pascual-Leone qui a bandé les yeux de voyants pendant 5 jours et a remarqué que des aires « tactiles » se substituaient déjà aux aires « visuelles » du cerveau.

Grâce aux neurosciences, nous savons donc aujourd’hui que nous pouvons compter sur notre cerveau pour modifier les câblages. C’est donc quand même hyper rassurant de se dire que la « machine » va suivre et s’adapter à nos évolutions internes.

Reste maintenant à évoluer…

  • Mais comment ?
  • En regardant nos pensées de haut !
  • OK, ça m’intéresse, racontez !
  • Patience, vous le découvrirez dans mon prochain article…

Photo by Travis Dorrington on Unsplash

2 commentaires

  1. Catherine

    Bonjour et merci d’essayer de décortiquer la cascade de phénomènes à l’origine de nos comportements parfois face à un événement vécu comme une menace psychologique . Cependant ce ne sont pas nos pensées ( une pensée est consciente par définition) qui engendrent nos émotions !
    L’émotion nous assaille , il n’est pas possible de l’empêcher de s’exprimer dans notre corps. En revanche la où je vous rejoins c’est bien nos pensées ( ruminations) qui entretiennent nos émotions négatives dans la durée.
    Et en recardant nos pensées, on peut stopper l’émotion négative et adopter un comportement plus adapté .
    Au plaisir de vous lire dans votre prochain article

    1. Valérie Mauny

      Bonjour et merci de partager votre point de vue!
      Il est vrai qu’il semble exister plusieurs sons de cloche en ce qui concerne les pensées conscientes et les pensées inconscientes.
      Selon moi, les pensées conscientes sont à la surface et peu nombreuses. Alors que les pensées inconscientes sont plus confuses, enfouies, floues et extrêmement nombreuses. Souvent quand je demande à une personne de noter pendant 15 jours son flot de pensées, négatives ou positives, à la relecture elle prend conscience du nombre de pensées négatives qu’elle génère avant même d’avoir commencer sa journée. Si cela est propice, il arrive d’ailleurs parfois que nous fassions un travail sur son Critique intérieur, logé dans l’inconscient pour le coup.
      Mais peu importe, car comme vous le dites, ce qui est sûr c’est que l’on peut recadrer nos pensées et donc stopper ou moduler nos émotions négatives. Et ça, c’est la bonne nouvelle!
      Merci beaucoup pour votre éclairage.
      Je vous souhaite une agréable journée, à bientôt!

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